La Réunion :  Macron : des propos qui exsudent le mépris colonial

Communiqué
04/06/2017

Nous sommes indignés de la déclaration de Macron à propos des kwassas-kwassas.

Le bateau "kwassa-kwassa pêche peu, il amène du Comorien, c'est différent" a claironné Macron sur le ton de la plaisanterie souriante.

Ce sont là des propos méprisants à l'égard de milliers de femmes, hommes, enfants qui fuient la misère en bravant les 70 kms qui séparent l’île comorienne d’Anjouan de celle de Mayotte à bord de ces frêles embarcations de pêche.

Malgré l'accession à l'indépendance des ses anciennes possessions coloniales en Afrique, la France maintient sa domination économique au travers notamment du franc CFA dans ces pays, un franc de valeur très faible par rapport à l'euro (le franc comorien vaut aujourd'hui 0,002 euros).

Une telle situation entérine un état de dépendance financière et politique des Comores à l’égard de la France : quatre membres du conseil d'administration sur huit de la Banque centrale des Comores continuent à être nommés par le gouvernement français !

Macron, cet homme soi-disant moderne parce que jeune, mis en orbite par les plus grands patrons et les banquiers, perpétue le mépris et la politique indigne des gouvernements précédents à l’égard des populations qu’ils maintiennent dans l’oppression et l’appauvrissement.

L'État français porte une lourde responsabilité dans la situation catastrophique des populations des Comores. Le visa Balladur, instauré en 1995 a mis fin à la libre circulation multi-séculaire des personnes entre les îles de l'archipel des Comores et Mayotte. Son obtention est si contraignante que la plupart se rendent de façon illégale à Mayotte à bord d’embarcations de fortune, archipleines, les Kwasa-Kwassa. Ils deviennent ainsi les proies de passeurs sans scrupules qui leur demandent des sommes importantes mais surtout ils risquent leur vie dans la traversée. Depuis cette date au moins 10 000 femmes, enfants, hommes ont péri en mer.

Ceux qui réchappent à la mort, y compris les enfants, sont pourchassés par les autorités françaises et sont renvoyés manu militari dans leurs îles non sans avoir séjourné dans l’ignoble centre de détention de Pamandzi. Sur l'île de Mayotte cinq mille enfants sont livrés à eux-mêmes, leurs parents ayant été reconduits à la frontière.

Les populations comoriennes et mahoraises sont les victimes d’une même politique qu’un Macron ne fera que perpétuer : celle des colonialistes et des impérialistes français.

Pour les candidats de Lutte ouvrière aux législatives

 

 

Jean-Yves PAYET